Monsieur Michel Dailliez blessé en Indochine
et ses débuts en caravaning 10 ans après.

M. D. : En 1949 pour me situer, j'avais 17 ans 1/2.
Je venais de passer mon bac en juillet et en septembre avec autorisation parentale,
je m'engageais dans l'armée avec un copain de classe.

Nous avions le choix de l'unité et de l'aviation voulant tous les deux accéder comme
pilote de chasse. Nous remplissions alors les conditions pour ce poste.
L'armée en décida autrement. Nous avons été affectés dans des régiments
de cavalerie (chars de combats).
   
 
   
 
1951 - Michel Dailliez au quartier du 2ème Cuirassiers à Angoulème.
Grade : Sergent dans la Cavalerie MDL (Maréchal des Logis).
 
 
M. D. : Après quelques temps passés au 2ème cuirassiers, j'ai été envoyé en
Allemagne à St. Wendel (Sarre) avec tout le régiment et les 62 chars par train.
   
 
   
 
M.D. : Quelques mois après, désigné pour me présenter à Strasbourg à l'école
des officiers où j'ai rendu des feuilles blanches aux examens pour être éliminé.
De ce fait, direction immédiate l'Indochine ce que je voulais ardamment avec
remontrance du Colonel Cdt le régiment
accompagné de 4 jours d'arrêt de rigueur (règlt).

Le 13 janvier j'embarquais sur le CAMPANA à Marseille.
Durée de la traversée 30 jours. Escales à Port Said, Djibout, Ceylan puis Saigon.
   
 
 
   
 
M. D. : Affecté à un régiment de combat en Sud Annam,
j'ai été blessé au cours d'une embucsade.
   
 
 
 
 
   
   
 
   
 
   
 
   
   
   
 
Attaque nocturne du Poste de THUY-HOA (Pk.7) 06.04.1953

Ce matin comme à l'habitude, je quitte le cantonnement sur ma COVENTRY
suivie du scout car de l'éscorte habituelle.

Nous rejoignons à la sortie de PHAN THIET un convoi de GMC chargés de matériaux
destinés à la construction en cours du poste de THUY HOA (PK.7).

Les GMC sont escortés de RTT (tirailleurs du 4ème Tunisien). Après prise de contact
avec le Lieutenant responsable du convoi, nous échangeons nos consignes.

En tête du convoi, ma Coventry. En fin de convoi, le scout car.

Après passage du gué de PHU LONG sans problème, nous arrivons à hauteur
d'un petit pont en béton très étroit. Un villageois nous fait des signes de ralentir et
après interrogation par mon tireur vietnamien, ce villageois nous signale la présence
de quelques hommes près de ce pont, 15 minutes avant notre arrivée.

A titre préventif, j'envoi 3 hommes du convoi en repérage du pont.

Là, nous découvrons à l'entrée du pont une superbe mine (type ananas) dont le
dispositif de mise à feu est relié à une pince à linge et pile de poche. Si nous avions
progressé sans l'avertissement de ce villageois, nous étions certains de sauter.

Arrivés au poste avec ce convoi au complet, il est déjà tard et ne pouvons retourner à
PHAN THIET. Nous sommes donc admis à passer la nuit dans ce poste.

L'officier cdt ce poste nous indique un emplacement pour nos deux blindés et nous
demande d'enterrer à moitié les roues de nos engins. Aidés par des tirailleurs,
les 2 tranchées de sable sont vite réalisées.

Couchés sur le sol à l'arrière de nos blindés avec nos moustiquaires,
nous assurons une garde permanente.

Vers 2 heures du matin, nous sommes réveillés par une énorme explosion
et des tirs de tous les sens, le poste est subitement éclairé de toutes parts avec les
fusées et chenilles, nous sautons à nos postes et commençons à mettre en action
nos armes en direction des barbelés qui semblent avoir été visés plus particulièrement.

Nous distinguons des silhouettes dans cette direction. Le cdt du camp nous crie à
plusieurs reprises "HALTE AU FEU ! HALTE AU FEU !" difficilement malgré tout en
quelques secondes tout cesse, fusées et armes pour retomber dans le noir total.

Immédiatement nous assistons à un vacarme terrible provoqué par l'artillerie
de PHAN THIET qui vient de rentrer en action avec ces 105 et qui tire directement
dans les barbelés (lors de l'installation d'un poste, les artilleurs faisaient toujours
des tirs de répérages dans la journée).

Résultat de cette tentative d'attaque, 3 vietcongs tués, 2 FM récupérés et barbelés
et blockaus en construction à remettre en état.

Sommes repartis le lendemain matin, en ouverture de route, direction PHAN THIET,
en pensant que nous avions eu beaucoup de chance.

Certifié exact. Dailliez Michel dans un récit vécu en 1953. INDOCHINE.
   
 
M. D. : Quelques temps après, j'apprenais le décès de ma Mère le 14.7.1953
alors que j'étais sur mon char en opération en pleine rizière.
J'avais envie d'en finir tellement était ma peine.
Seul réconfort de retour au cantonnement autorisé à ne participer
à aucune opération durant 4 jours. Ensuite retour au combat, c'était les ordres.
Au Vietnam ou Indochine à l'époque de ce conflit, il n'y avait pas
de permission accordée quelque soit l'importance du motif invoqué.
   
   
 





 
 
M. D. : C'est ma tante Simonne Digue qui m'envoyait des pellicules diapos.
Au bout de 24 mois, après avoir été volontaire pour sauter sur Dien Ben Phu
(heureusement refusé par mon capitaine), je suis rentré par avion
"ARMAGNAC" *** : 36 heures de vol avec escale sans sortir des aéroports
Calcutta, Beyrouth et Marseille. Nous étions en janvier 1955.
   
 
NDLR : AVION ? ARMAGNAC***
CARAVANES CARAVELAIR - SUD AVIATION (44) Modèle : "ARMAGNAC"
   
   
 
 
   
 
M. D. : En retour de la guerre, j'ai travaillé un peu avec ma tante et avec mon oncle.

NDLR : c'est la période des "Passe partout" où il fallait vidanger les blocs moteurs et radiateurs de leur eau, afin d'éviter dans la nuit à la suite du gel des dégâts irréversibles car à l'époque, il n'y avait pas d'antigel, uniquement l'emploi d'alcool. M. Dailliez.

M. D. : Puis en 1956, j'ai tenté ma chance au Sénégal à Dakar où j'ai tenu un magasin de
piéces détachées en plein centre de Dakar. Cela me plaisait. Je retrouvais un peu le
sens de l'aventure. J'allais en brousse livrer des pièces autos et j'établissais de bons
contacts avec cette population particulière et où il faisait bon vivre car il n'y avait plus
le souci des embuscades armées.
   
 
   
 
M.D. : Au bout de deux années passées, je suis rentré en France et
mon oncle m'a dit : "arrête de barouder à droite et à gauche.
Viens avec nous vendre des caravanes"
.
Mais moi le civil ne m'attirait plus. Je suis donc parti en Algérie et été affecté
au 28ème dragons à 150 kms d'Alger et bien entendu dans une unité combattante.
Les bureaux ne m'intéressaient pas du tout surtout que je retrouvais mes copains de
combat qui avaient pris du grade. Après les événements d'Algérie,
je rentrais en France, déçu de cet abandon.
   
   
 
 
   
 

M. D. : En attendant la fin de mon contrat j'ai été affecté en Allemagne suis resté les
6 mois qui restaient à faire et j'ai enfin accepté la proposition d'être embauché
par mon oncle chez DIGUE.

.
.

Là, j'ai effectué un long apprentissage,
(NDLR : à Coignières 78 et en 1962
à la nouvelle et grande Station Service de la caravane)

non favorisé par mon lien de parenté.
Je dirais même au contraire. Le personnel m'estimait beaucoup,
mais j'étais considéré un peu comme un espion par certains bien placés
au sein de la Sté. Ce qui n'était pas le cas.
Je me souviens d'une discussion avec Roger Pagnier dans un bureau,
en tête à tête pour me prévenir que je serai mis à l'épreuve de la même façon
que tous les autres collaborateurs.



Au bout d'une année de formation,
j'ai pris la route de Bordeaux avec ma 403/7berline et une
Digue "Majoramic" chargée de matériels divers et d'accessoires
caravanes et pour ouvrir dans un champ, un petit terrain DIGUE :
les 4 Pavillons à SEDON BORDEAUX ST JEAN.


Photo : "Le deuxième souffle" en 1966 avec Lino Ventura et Jean-Paul Belmondo.
Pierre Digue avec Roger Pagnier au volant de son américaine du moment.

Michel Dailliez : Mon oncle et Roger Pagnier sont venus me voir le lendemain.
Ils m'annonçaient l'arrivée par le rail de 12 caravanes à Bordeaux et j'allais devoir
les descendre du train et les rappatrier sur mon terrain.



Courage Michel... Bon, nous Roger allez... On file à Nantes sur la concession de ma nièce et
on remontera ensuite en Touraine voir ma belle soeur sur la concession à Monnaie (37).


M.D. : J'étais jeune et rien ne m'arretait mais tout de même !
descendre seul, 12 caravanes d'un train !



Il s'en sortira mon neveu.
Il est solide et il a les embuscades en moins.




M.D. : Elles étaient drôlement calées Il fallait démonter les Balfans Ranchers qui
étaient sales, tout rouillés et les gars de la SNCF me disaient :
"tu remets tout ça en place".
Puis, je les ai tracté avec ma 403, jusqu'à mon terrain.



 
 

   
   
 
M.D. : Voilà mes tous débuts avec Digue en 1964. Il y avait des Baronette des
Caravette et des Panoramic. Sur mon terrain je n'avais pas d'électricité !
je m'éclairais au lumogaz ! j'avais exposé toutes les pièces
et les accessoires Digue dans une caravane.
   
   
 
   
 
Le jérican aura toujours été très présent dans les différentes professions de M. Dailliez.
   
 

M.D. : En ce 1er mois, je vendais seul 12 caravanes et devant ce succès, mon oncle
a donc décidé de m'ouvrir un centre de 5000 M2 à Sainte Eulalie Carbon Blanc.
On connaît la suite.

Une autre annedocte : Quand il fallait expliquer aux clients le procédé pour atteler la
caravane avec la roue jockey, j'allais plus vite de l'atteler moi-même en soulevant la
flèche et de l'enclencher à la boule de la voiture !
j'en ai soulevé des "Baronette" et des "Coronette" !!!".

Aïe aïe aïe ! Monsieur Dailliez aujourd'hui a mal à ses vertèbres !

M.D. : Le magasin "La Hutte" à Bordeaux dans l'année vendait 6 caravanes.
Nous en vendions 300 ! Les agents en vendaient moins quant aux sous-agents,
les stations services essence par exemple, leur commission était faible.
Ils ne se décarcassaient donc pas pour en vendre. Cela leur faisait une belle vitrine
d'avoir une ou deux caravanes Digue en exposition, mais si un client arrivait pour faire
le plein à la pompe, ils laissaient le client de la caravane et ce dernier partait
et la vente était perdue. Des concessionnaires Digue qui marchaient bien aussi
c'était LA FARDA à DAX puis Moselle Cremieux à Marseille.


M. et Mme Dailliez se sépareront de leur centre à Bordeaux le 1er novembre 1971
mais leurs activités "caravanières" se poursuivront pendant quelques années encore.
Voir d'autres pages depuis l'historique.
   
 
Un grand merci à Monsieur Michel Dailliez pour ses récits
et pour ses expériences
dans un inaltérable courage.